Dans une atmosphère empreinte de détermination et de cohésion, le Front populaire ivoirien (FPI) a organisé, ce samedi 31 janvier 2026, une cérémonie de vœux à l'intention de son président, Pascal Affi N'Guessan. Tenue au siège du parti, à Cocody Les 2 Plateaux-Vallon, à Abidjan, la manifestation a réussi à faire le plein. Plus de quatre cents militants se sont entassés dans une salle archicomble et sous des bâches dressées dans la cour, témoignant d'une mobilisation largement au-delà des espérances.

C'est dans ce contexte de forte affluence que le Secrétaire général et porte-parole du FPI, Gnépa Barthélémy, a pris la parole en premier. Son allocution a d'abord été un exercice de mémoire collective. Évoquant l'année qui vient de s'écouler, il a rappelé la « grande frustration » vécue par les militants du parti après le rejet de la candidature de Pascal Affi N'Guessan pour l'élection présidentielle d'octobre 2025. Cette élimination, qualifiée d'« arbitraire », a mis fin à toute possibilité de participation électorale pour le FPI, cela malgré les contestations déjà portées contre l'organe en charge de l'organisation du scrutin.
Gnépa Barthélémy a également évoqué le blocus exercé autour de la résidence du président du parti le dimanche 12 octobre 2025, un événement qui, a-t-il souligné, « réveille encore, en nous, de mauvais souvenir ». Cependant, le porte-parole a voulu inscrire ces épreuves dans une narration de résilience. « Grâce à votre courage et à votre leadership, le Front populaire ivoirien est resté debout, fidèle à sa ligne, fidèle à son combat pour la justice et la démocratie », a-t-il déclaré à l'adresse d’Affi N'Guessan.

Dans la seconde partie de son intervention, Gnépa Barthélémy a réaffirmé l'engagement de l'ensemble des structures du parti — conseils politiques régionaux, fédérations, sections et structures spécialisées — envers leur président. Il a également mis en exergue la position de regard que l'opposition ivoirienne, « très essoufflée » selon ses mots, adopte désormais à l'égard du FPI, lui attribuant un rôle de locomotive dans la quête d'une Côte d'Ivoire « réconciliée, digne et véritablement démocratique ».
« L'heure de la responsabilité collective a sonné »
C'est ensuite que Pascal Affi N'Guessan a pris la tribune pour répondre aux vœux de ses camarades. Son discours, structuré autour du thème de la responsabilité collective, a été accueilli avec enthousiasme par la salle. D'emblée, le président du FPI a posé le cadre : face aux « injustices, aux dérives autoritaires et à la confiscation persistante de la démocratie », l'indifférence n'est plus une option. « Se taire, aujourd'hui, c'est consentir. Or, nous avons choisi de résister », a-t-il déclaré avec fermeté.

Affi N'Guessan a ensuite appelé à une rupture claire au sein même de l'opposition. Il a invité ses militants à dépasser les « querelles d'ego » et les combats de personnes pour porter haut « le combat des idées, des projets de société et d'une vision crédible pour la Côte d'Ivoire ». Sur ce point, le président du FPI a été sans ambiguïté : « le salut de la Côte d'Ivoire ne viendra ni d'un homme providentiel, ni d'une illusion messianique », a-t-il soutenu, ajoutant que « l'histoire nous l'enseigne, et notre vécu collectif le confirme ».
C'est dans cette logique qu'il a prôné le dépassement définitif du providentialisme, proposant à la place une vision « résolument progressiste, fondée sur la responsabilité individuelle et collective, sur la participation citoyenne et sur la force de l'intelligence collective ». La mission du parti pour 2026 a été fixée avec clarté : « nous devons nous projeter, nous affirmer, nous organiser » et « prendre la tête du combat », a conclu Affi N'Guessan, sur une note d'espérance.

Au-delà de l'aspect symbolique, la cérémonie de ce samedi constitue un signal politique significatif. Dans un paysage politique ivoirien où l'opposition fait face à des difficultés structurelles considérables depuis la présidentielle d'octobre 2025, la capacité du FPI à mobiliser plus de quatre cents militants, dans la ferveur et l'unité, traduit une force de cohésion qui n'est pas négligeable. Le défi, pour le parti, sera désormais de transformer cette énergie en action concrète et durable sur l'ensemble du territoire national, en fidèle écho aux mots de leur président : « une mission de clarté, de courage et d'espérance, une mission au service du peuple ivoirien ».
Robert Krassault
ciurbaine@yahoo.fr