ORGANE ÉLECTORAL : L’OPPOSITION IVOIRIENNE CHERCHE À PARLER D’UNE SEULE VOIX

Réunis ce mardi 1er septembre 2026 au siège du PPA-CI, plusieurs poids lourds de l’opposition ivoirienne ont posé la première pierre d’une démarche commune sur la composition du futur organe électoral. Une initiative qui, si elle aboutit, pourrait rebattre les cartes de la contestation politique à l’approche des prochaines échéances.

 

La scène se déroule à la Riviera-Bonoumin, au siège du Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI). Ce mardi 1er septembre 2026, une délégation composée de la Coalition pour l’alternance pacifique de Côte d’Ivoire (CAP-CI) conduite par Pascal Affi N’Guessan, du groupement politique animé par Simone Ehivet Gbagbo, qui rassemble notamment le COJEP de Charles Blé Goudé et l’AIRD d’Éric Kahé, ainsi que l’Alternance démocratique en Côte d’Ivoire (ADCI) d’Assalé Tiémoko, a été reçue par Sébastien Dano Djédjé, président du Conseil stratégique et politique du parti, entouré d’autres cadres de la direction, parmi lesquels Assoa Adou, Emmanuel Monnet et Hubert Oulaye.

 

Selon des informations qui ont circulé dans la foulée de la rencontre, cette audience n’aurait rien d’improvisé. Plusieurs formations avaient sollicité un entretien avec Laurent Gbagbo, qui aurait lui-même donné instruction à la direction du PPA-CI de recevoir leurs représentants.

 

Un texte commun pour peser sur le débat

 

L’enjeu de la rencontre dépasse la simple prise de contact. Il s’agit, pour ces formations, de s’accorder sur un document commun définissant leur vision de la future institution électorale, en vue de le soumettre au gouvernement. La démarche vise en particulier à interpeller l’exécutif sur la nécessité d’ouvrir un dialogue politique véritablement inclusif autour de la composition de cet organe, appelé à succéder à la Commission électorale indépendante (CEI).

 

Cette exigence n’est pas nouvelle. Dès le 25 juin 2026, Pascal Affi N’Guessan avait publiquement regretté que la concertation engagée par le gouvernement sur la réforme électorale n’ait pas permis, selon lui, un véritable échange avec les acteurs politiques. Simone Gbagbo avait, de son côté, porté un projet de Haut Conseil électoral auprès de plusieurs formations, dont le PDCI-RDA, dès le 1er juillet.

 

Le PDCI-RDA, absent mais attendu

 

Fait notable, le PDCI-RDA n’a pas pris part à cette réunion du 1er septembre. Or, c’est précisément vers le parti doyen que la démarche entend désormais s’étendre. La CAP-CI, le groupement conduit par Simone Ehivet Gbagbo et l’ADCI souhaitent le rencontrer à leur tour et lui ont déjà adressé un courrier en ce sens. Pour l’heure, ils restent dans l’attente d’une réponse.

 

Le PDCI-RDA n’est pourtant pas resté silencieux sur le sujet. Son porte-parole, Bredoumy Soumaïla, avait lui-même appelé, dès le 10 juin, à une concertation rapide entre acteurs politiques, plaidant pour un organe fondé sur la compétence, la neutralité et l’indépendance, et non pour le simple remplacement d’une institution contestée par une autre sous un autre nom. Le parti maintient par ailleurs son exigence d’une révision de la liste électorale avant la fin de l’année.

 

Une convergence encore fragile

 

Si elle aboutit, cette dynamique de rapprochement pourrait constituer une étape significative dans la recherche d’une position unifiée de l’opposition ivoirienne face au pouvoir. Mais le chemin reste semé d’embûches. Les différentes formations n’ont pas toujours affiché les mêmes stratégies ni les mêmes priorités sur ce dossier. Des tensions sont d’ailleurs récemment apparues entre le PPA-CI et des proches du PDCI-RDA, le premier ayant dû, ce même 1er septembre, réaffirmer publiquement son attachement au Front commun qui le lie au parti doyen.

 

Reste que, du côté du pouvoir, la porte d’un dialogue élargi ne semble pas grande ouverte. Le RHDP a, à plusieurs reprises, écarté l’idée d’une concertation formelle avec l’opposition et la société civile sur la mise en place du nouvel organe.

 

Les consultations se poursuivent donc. Après le PPA-CI, tous les regards se tournent désormais vers le siège du PDCI-RDA, où l’on attend de savoir si le parti doyen répondra favorablement à l’invitation qui lui a été adressée.

 

Robert Krassault

ciurbaine@yahoo.fr

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