LE FPI EN ORDRE DE BATAILLE : SEMINAIRE STRATEGIQUE POUR REVEILLER LA MACHINE POLITIQUE

A l’approche des prochaines échéances électorales, le Front populaire ivoirien (FPI) affiche clairement ses ambitions. Se repositionner durablement sur l’échiquier politique national. C’est dans cette dynamique que le parti a organisé, le samedi 11 avril 2026 à son siège des Deux-Plateaux Vallon, un séminaire de formation destiné à ses conseils politiques régionaux (CPR), véritables chevilles ouvrières de son dispositif territorial.

Placée sous la conduite du comité scientifique dirigé par Émile Bih, cette rencontre a mobilisé une forte délégation de cadres et de responsables locaux, venus s’approprier de nouveaux outils d’organisation, d’animation et de conquête électorale. Trois axes majeurs ont structuré les travaux. La gouvernance des CPR. Leur animation efficace. Et les stratégies gagnantes pour les élections.

 

Dès l’entame, le secrétaire général du parti, Barthélémy Gnépa, a posé les bases conceptuelles. Il a présenté les conseils politiques régionaux comme des démembrements essentiels du parti dans sa stratégie de décentralisation. Pour lui, les CPR constituent « l’épine dorsale » du FPI, tant leur rôle est déterminant dans l’implantation et la vitalité du parti sur le terrain. Il a insisté sur leur organisation interne, leurs missions et les outils nécessaires à leur bon fonctionnement. Notamment en matière de mobilisation, de recrutement et de management politique.

Dans le prolongement de cette réflexion, Jean-Marie Konin, vice-président du parti, a partagé son expérience pratique de terrain. A travers des exemples concrets tirés de sa gestion dans plusieurs zones stratégiques, il a démontré que la réussite d’un CPR repose avant tout sur la cohésion des cadres et la discipline organisationnelle. Pour lui, une animation efficace ne saurait se concevoir sans une planification rigoureuse des activités, un budget maîtrisé, une stratégie de mobilisation des ressources et une culture militante fondée sur la régularité des réunions.

 

Dans une approche presque pédagogique, il a comparé l’engagement politique à une pratique spirituelle. De même que la prière renforce la foi religieuse, la régularité des réunions consolide la foi militante. Une analogie qui illustre la nécessité d’un engagement constant pour maintenir la dynamique du parti.

Le troisième temps fort du séminaire a été consacré à la conquête électorale. A ce sujet, Bernard Diby Kokora, député et ancien vice-président de conseil régional, a livré un discours sans détour. Selon lui, aucune victoire n’est possible sans ambition individuelle. « Tant qu’il n’y aura pas de candidats, il n’y aura pas d’élus », a-t-il martelé, invitant les militants à oser se positionner.

 

Au-delà de l’ambition, il a identifié trois piliers incontournables de la victoire électorale. L’organisation, la stratégie et les moyens. Mais plus encore, il a insisté sur le profil humain du candidat. Proximité avec les populations, humilité, générosité et capacité à communiquer dans les langues locales. Autant de qualités indispensables pour créer un lien de confiance durable avec les électeurs.

Les échanges qui ont suivi ces différentes interventions ont permis de mettre en lumière les réalités du terrain. Notamment les difficultés liées aux moyens financiers et aux disparités régionales. Toutefois, loin de décourager les participants, ces préoccupations ont renforcé la volonté collective de trouver des solutions adaptées.

 

C’est dans ce contexte que le président du parti, Pascal Affi N’Gueassan, est intervenu pour clôturer les travaux. Dans une adresse empreinte de détermination, l’ancien Premier ministre a appelé à un réengagement total des militants. « Nous sommes en train de reconstruire. Réengageons-nous et allons jusqu’au bout », a-t-il lancé, invitant chacun à faire preuve de résilience et de foi dans le combat politique.

Refusant de faire des moyens financiers un obstacle insurmontable, il a insisté sur la primauté de la volonté et de la conviction. A travers une métaphore agricole, il a rappelé que l’échec n’est jamais définitif. Comme le cultivateur qui replante après la destruction de son champ, le militant doit persévérer malgré les revers.

 

Ce séminaire apparaît ainsi comme un moment charnière pour le FPI. Au-delà des discours, il marque une volonté affirmée de restructuration, de remobilisation et de projection vers l’avenir. Les enseignements tirés constituent désormais une feuille de route pour les cadres et militants appelés à traduire, sur le terrain, les ambitions du parti.

A l’heure où le paysage politique ivoirien se reconfigure, le FPI semble vouloir renouer avec une culture de discipline, d’engagement et de proximité. Reste à savoir si cette dynamique interne saura se transformer en véritable capital électoral lors des prochaines consultations.

 

Robert Krassault

ciurbaine@yahoo.fr

Laisser un commentaire

HYMNE DU FPI