A l’espace Tododrou, au bord de la lagune Ebrié à Azito, dans la commune de Yopougon, des centaines de militantes en pagne assorti ont dansé, chanté et concouru samedi pour une fête des mères pas tout à fait comme les autres. Organisée par l’Organisation des femmes du Front populaire ivoirien (OFFPI), la cérémonie, reportée depuis le 31 mai, a mêlé légèreté festive et discours de mobilisation, dans la perspective des prochaines échéances électorales locales.
À l’initiative d’Esther Assi, présidente intérimaire de l’OFFPI, les militantes se sont fortement mobilisées pour cette journée placée sous le signe de la détente et de la fraternité. Concours de ballet, compétition « Awoulaba » pour élire la plus belle femme, karaoké et quiz sur la vie du parti. Le programme, pensé pour rassembler, a aussi servi de vitrine à la cohésion des rangs féminins du FPI. Pagnes et enveloppes ont récompensé les lauréates, sous le parrainage du député de Bongouanou, Bernard Diby Kokora, venu accompagné de son épouse.
La cérémonie a réuni une bonne partie de l’état-major du parti: le secrétaire général et porte-parole Barthélémy Gnépa Iré, la vice-présidente et ancienne députée de Divo Yvonne Abané Bouabré, ainsi que Véronique Djipro. Plusieurs autres vice-présidents, Célestin Gnizako Bouazo, Gnépa Koué, Félix Tiacoh et Osée Thierry, et des secrétaires généraux du parti, dont Arsène Dédy et Paul Affélé Dago de la JFPI, y ont également pris part, tous vêtus, hommes et femmes confondus, de l’uniforme confectionné pour l’événement.
Angéline Kili, épouse du président Pascal Affi N’Guessan, y tenait une place particulière. Désignée militante la plus honorée de la journée, elle a exprimé, dans son adresse aux militantes, sa gratitude pour cette marque d’attention à son endroit.
« Grâce à votre soutien, le FPI a un député à l’Assemblée nationale. […] Dans le Moronou, le FPI a la majorité sociologique », a soutenu Bernard Diby Kokora, député de Bongouanou, parrain de la cérémonie.
Au-delà des réjouissances, l’événement a aussi été un moment de clarification politique. Visé par des accusations d’orpaillage illégal dans son village de N’Guessankro, le député Diby Kokora a saisi l’occasion pour se défendre publiquement, assurant n’être « ni de près ni de loin » impliqué dans cette pratique. Il y voit une manœuvre de discrédit visant, à travers lui, à fragiliser Pascal Affi N’Guessan à l’approche des scrutins locaux. Signe que la polémique nationale sur l’orpaillage clandestin s’invite jusque dans les fêtes de parti.
Dans son intervention, Esther Assi a rendu hommage aux femmes, « force silencieuse » qui donnent la vie, les exhortant à se libérer des pesanteurs pour s’investir davantage dans l’action politique aux côtés du président du FPI. Le député Diby Kokora, de son côté, a assuré les militantes de sa disponibilité à répondre à leurs sollicitations et promis de faire de la prochaine édition un événement de plus grande envergure. Une manière, pour l’élu, de consolider son ancrage local malgré la polémique.
Reste que derrière la légèreté affichée, l’événement a fonctionné comme une invitation à peine voilée à transformer l’énergie festive du jour en engagement militant durable, à l’heure où le parti d’opposition cherche à consolider ses bases en vue des prochaines batailles électorales.
Robert Krassault
ciurbaine@yahoo.fr