FÊTE DE LA LIBERTÉ ÉCLATÉE : SOUS LE SOLEIL DE GARAHIO, LE FPI NE CAPITULE PAS

Gagnoa, le 7 juin 2026. Sous un soleil de plomb, des centaines de militants ont marché deux kilomètres dans les rues de la capitale du Goh pour célébrer la Fête de la liberté. Un acte de résistance autant que de foi.

 

Il aurait été facile de ne pas venir. La chaleur était accablante, les distances à parcourir pour certains considérables — Oumé, Ouragahio, Guibéroua, Bayota. Et puis il y a ce que l’on sait. La crise interne qui a fracturé le Front populaire ivoirien, la création du PPA-CI par Laurent Gbagbo, fils de cette région, et le RHDP qui travaille méthodiquement les rangs de l’opposition, promesses et billets à l’appui. Dans ce contexte, se revendiquer du FPI à Gagnoa en 2026 relève moins d’un calcul politique que d’un acte de conviction.

 

Pourtant ils sont là, en rang serré, derrière Guillaume Liby, vice-président du FPI chargé de la région du Goh. Économiste, banquier, orateur rodé, Liby a conduit sa troupe depuis la brigade de gendarmerie jusqu’à la place publique du quartier Garahio, point de chute d’une procession qui a grossi au fil des rues, attirant des sympathisants au passage. Cris de joie, chants d’allégresse, danses à pas cadencés — la discipline de marche n’a pas éteint la ferveur.

Le thème retenu cette année pour la Fête de la liberté est « Résilience et sursaut ». Les mots ne sont pas choisis au hasard. Ils résument la situation d’un parti qui refuse de se laisser enterrer mais qui sait ne plus être seul maître de son territoire naturel.

 

Au meeting de Garahio, Guillaume Liby a choisi de parler à l’essentiel. La santé et l’éducation. Deux secteurs, deux thermomètres du développement réel d’un pays. Sur la santé, son diagnostic est sans appel. La Couverture maladie universelle vantée par le régime RHDP ne fonctionne pas. Les familles les plus modestes continuent de mourir faute de moyens, de se réfugier chez les tradipraticiens faute d’accès aux soins. « L’État a les moyens de permettre à tout le monde de se soigner où il veut, dans de bonnes conditions. Tout est une question de volonté politique », a-t-il martelé, avant de promettre que le FPI, lui, a les solutions. Celles d’un parti socialiste qui dit avoir initié le projet original de couverture universelle.

 

Sur l’éducation, même sévérité. Faire payer les inscriptions scolaires dans un pays qui se dit émergent lui paraît une contradiction insupportable. Réinstaurer les internats, bâtir des écoles dignes de ce nom, construire une filière école-formation-emploi. C’est le cahier des charges que Liby présente aux jeunes, qu’il exhorte à entrer en politique plutôt qu’à en subir les conséquences.

L’horizon fixé est 2030. Le candidat sera Pascal Affi N’Guessan. La coalition CAP-CI — FPI, ANG, Force Citoyenne, PIP, UNP et autres — tente de reconstituer un front commun de l’alternance. Mais à Gagnoa ce dimanche, la démonstration était d’abord morale. Elle disait : nous sommes encore là. Elle disait surtout : il y a des militants qui marchent sans pain ni sardines, quand la cause le commande.

 

C’est peut-être cela, la vraie richesse politique du FPI dans le Goh. Non pas ses cadres — beaucoup sont partis —, mais cette base qui résiste à l’érosion, qui célèbre sa fête sous le soleil, et qui rentre chez elle en dansant.

 

Robert Krassault

ciurbaine@yahoo.fr

Laisser un commentaire

HYMNE DU FPI