FÊTE DE LA LIBERTÉ 2026 : LE FPI SONNE LA RÉVOLTE ET PRÉPARE LA BATAILLE DE 2030

La célébration éclatée de la Fête de la liberté 2026 du Front populaire ivoirien a pris, ce week-end, des allures de tribune nationale contre le pouvoir en place. De Nébo, dans le Loh-Djiboua, à Bonoua, dans le Sud-Comoé, les responsables du parti à la rose ont multiplié les critiques contre le régime du président Alassane Ouattara, appelant à l’unité de l’opposition et à une mobilisation populaire en vue de l’échéance présidentielle de 2030.

A Nébo, localité transformée pour l’occasion en bastion militant du FPI, l’ancienne députée de Divo commune, Yvonne Abané, a tenu un discours particulièrement offensif. Devant une foule acquise à sa cause, la vice-présidente du FPI chargée du Loh-Djiboua a exhorté les principales figures de l’opposition ivoirienne à faire front commun contre le pouvoir du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP).

 

« Affi N’Guessan, Laurent Gbagbo, Tidjane Thiam, Assalé Tiémoko, unissez-vous », a-t-elle lancé, accusant le chef de l’État de gouverner en marge de la Constitution et de restreindre les libertés publiques. Dans un réquisitoire nourri, elle a dénoncé une gouvernance marquée, selon elle, par la corruption, les arrestations d’opposants et la précarisation du monde paysan.

S’appuyant sur l’exemple du prix du cacao, elle a estimé que les producteurs agricoles avaient été « trahis » par les autorités. Son intervention, ponctuée d’appels à « tuer la peur », s’est conclue par un mot d’ordre de résistance électorale : accepter l’argent distribué pendant les campagnes, mais voter en faveur des candidats du FPI.

 

La cérémonie de Nébo a également été marquée par une conférence publique animée par le professeur Adja Jules autour du thème de la mobilisation militante et de la reconquête du pouvoir d’État en 2030. Le conférencier a insisté sur la nécessité pour le FPI de renforcer sa présence de terrain et de rapprocher ses rassemblements des réalités locales. Selon lui, « la victoire de 2030 se construit dès maintenant », à travers une stratégie de proximité et un plaidoyer en faveur d’une « économie plus humaine », attentive aux difficultés du monde rural.

Même tonalité à Bonoua, où les responsables régionaux du FPI ont dressé un tableau sombre de la situation sociopolitique ivoirienne. Prenant la parole à la place Kadjo Amangoua, Joseph N’Guetta N’Guetta a qualifié la Côte d’Ivoire de « prison à ciel ouvert », estimant que la liberté d’expression était gravement menacée sous le régime actuel.

 

Le vice-président du FPI chargé du Conseil politique régional du Sud-Comoé a également critiqué le fonctionnement des conseils régionaux, accusant leurs dirigeants de détourner leur vocation de développement local. Dans un discours mêlant dénonciation et promesses politiques, il a appelé les populations à soutenir Pascal Affi N’Gueassan en 2030, qu’il présente comme « une tête pleine » capable de redresser le pays.

D’autres figures du parti ont abondé dans le même sens. L’ancienne ministre Christine Adjobi a plaidé pour une alternance politique fondée sur la cohésion nationale et la redistribution des richesses. Quant à Jean-Marie Konin, il a dénoncé un système de gouvernance fondé sur le népotisme et les inégalités sociales.

 

Au-delà des discours parfois virulents, cette Fête de la liberté éclatée révèle surtout la volonté du FPI de reprendre l’initiative politique à travers une stratégie de maillage territorial et de mobilisation populaire. A quatre ans de la présidentielle de 2030, le parti de Pascal Affi N’Guessan semble vouloir transformer chaque rassemblement régional en plateforme de reconquête politique, dans un contexte où les débats sur les libertés publiques, la gouvernance et les conditions de vie demeurent au cœur des préoccupations ivoiriennes.

Robert Krassault 

ciurbaine@yahoo.fr

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