AFFAIRE EPSTEIN : LE FPI RECLAME UNE ENQUETE JUDICIAIRE APRES LES REVELATIONS SUR NINA KEÏTA

L’onde de choc provoquée par la publication des documents Epstein aux États-Unis atteint désormais les rives de la Côte d’Ivoire. Le Front populaire ivoirien (FPI) a publié le 23 février 2026 une déclaration officielle appelant les autorités ivoiriennes à ouvrir une enquête judiciaire, après que le journal français Le Monde a révélé, dans son édition du 13 février dernier, l’implication présumée d’une haute responsable de l’État ivoirien dans le dossier du pédocriminel américain Jeffrey Epstein.

 

Selon Le Monde, le nom de Nina Keïta, nièce du Président Alassane Ouattara et directrice générale adjointe de la Gestion des stocks pétroliers de Côte d’Ivoire (GESTOCI), apparaîtrait pas moins de 300 fois dans les trois millions de documents déclassifiés le 30 janvier 2026 sur instruction du Président Donald Trump. Le journal indique que Madame Keïta aurait joué un rôle d’entremetteuse pour Jeffrey Epstein en Afrique et en Europe — des allégations que ni l’intéressée ni son entourage n’ont, à ce jour, commentées publiquement.

 

Ces révélations interviennent dans un contexte mondial de déflagration politique. Depuis la mise à disposition de ces documents, plusieurs personnalités citées dans ce réseau présumé — impliquant proxénétisme, pédocriminalité, blanchiment de capitaux et chantage — ont démissionné de leurs fonctions dans divers pays. La Côte d’Ivoire, elle, n’a enregistré aucune réaction officielle, ce que le FPI dénonce vigoureusement.

 

Le parti d’opposition pointe en particulier « le silence assourdissant du Procureur de la République », s’étonnant qu’aucune procédure n’ait été engagée alors que des victimes mineures pourraient se trouver sur le territoire national. « La protection des mineurs est un devoir régalien pour l’État de Côte d’Ivoire », rappelle le FPI dans sa déclaration, exigeant qu’une enquête soit diligentée dans le respect du principe de la présomption d’innocence.

 

Le parti va plus loin en formulant une demande de mesure conservatoire : le déchargement immédiat de Madame Keïta de toutes ses fonctions publiques, afin d’écarter tout risque d’interférence politique dans l’instruction du dossier. Une position tranchée, qui souligne la dimension explosive de cette affaire dans un pays où les liens familiaux entre la mise en cause et la présidence de la République ne peuvent manquer de peser sur la perception de l’impartialité de la justice.

 

L’inaction des autorités, prévient le FPI sans ambiguïté, « équivaudrait à un aveu de culpabilité ». Une formule volontairement provocatrice, qui illustre la pression croissante exercée sur un système judiciaire ivoirien dont l’indépendance se trouve, une nouvelle fois, publiquement mise en question.

 

Robert Krassault 

ciurbaine@yahoo.fr

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