Le Bureau national de la jeunesse du Front populaire ivoirien a tenu, samedi 20 juin 2026, un meeting de lancement à Guiguia, petit village du canton Paccolo, dans le département de Gagnoa. Objectif affiché : redonner souffle à l’engagement politique des jeunes, dans une région où les débats sur l’exploitation minière nourrissent une nouvelle vigilance citoyenne.

C’est dans une liesse populaire que Guiguia, modeste village de la sous-préfecture de Gnagbodougnoa, a accueilli samedi le président de la Jeunesse du Front populaire ivoirien (JFPI), Paul Affélé Dago, par ailleurs vice-président du parti. Chants à l’entrée du village, escorte des jeunes et des femmes jusqu’au domicile du chef Kabo Alphonse : l’accueil a donné le ton d’une journée placée sous le thème « Redynamiser l’engagement politique des jeunes pour un repositionnement du FPI ».
Sur la place publique, le chef du village et sa notabilité ont retrouvé la délégation conduite par Paul Affélé Dago, accompagné du vice-président Taha Jean — représentant la direction nationale — et du secrétaire national Assoi, représentant Liby Guillaume, président du Conseil politique régional du Goh. Tout autour, des délégations venues des villages environnants des cantons Paccolo et Guébié complétaient le tableau, tandis que plusieurs artistes donnaient à la rencontre une touche festive.

Avant la prise de parole du président de la JFPI, le mot de bienvenue du président du Comité d’organisation, Innocent Zago — secrétaire national du FPI et fils de Guiguia — a planté un décor singulier, mêlant football et politique. Évoquant la victoire des Éléphants face à l’Équateur le 14 juin dernier, l’orateur a filé la métaphore jusqu’au choc annoncé contre l’Allemagne, convoquant une fable africaine selon laquelle la grandeur d’un adversaire ne dissuade pas celui qui s’attaque à sa tâche — une image destinée à galvaniser une jeunesse militante invitée à puiser, dans la combativité sportive, de quoi nourrir sa résilience politique.
Son propos s’est ensuite ancré dans les réalités du moment. Le PCO a rappelé que la saison des pluies a vu disparaître des quartiers entiers d’Abidjan sous les opérations de déguerpissement — signe, selon lui, que l’absence sur le terrain politique laisse le champ libre à d’autres décideurs. Dans le Goh, ce sont les débats autour de l’exploitation minière qui ont été cités comme révélateurs d’une jeunesse désormais moins disposée à se taire lorsque son avenir est en jeu. Remerciant la jeunesse de Guiguia et des cantons Paccolo et Guébié pour leur mobilisation, Innocent Zago a salué un public dont l’attention reste, en partie, tournée vers le parcours des Éléphants en Coupe du monde.

Innocent Zago a par ailleurs tenu à remercier l’ensemble des responsables présents — des chefs traditionnels aux présidents de jeunesse villageois — ainsi que les femmes et les parents agriculteurs de Paccolo.
Prenant la parole à son tour, Paul Affélé Dago a inscrit cette mobilisation dans une perspective nationale. Pour le président de la JFPI, la jeunesse — composante démographique majoritaire du pays — ne pourra peser sur le changement qu’à condition de s’engager pleinement en politique plutôt que de s’en tenir éloignée. Il a insisté sur la nécessité d’être acteur des décisions, seule voie, selon lui, pour choisir des dirigeants capables d’améliorer le quotidien des populations.
Le choix de Guiguia n’a, selon lui, rien d’anodin : localité bété du département de Gagnoa, elle doit permettre, à ses mots, au canton Paccolo — et plus largement à la région du Goh — d’amorcer une dynamique nouvelle pour le FPI.

Interrogé indirectement par le contexte minier local, Paul Affélé Dago a précisé que l’exploration minière n’est pas à proscrire en soi, mais qu’elle doit s’inscrire dans le cadre fixé par le Code minier, de manière à garantir aux populations concernées un retour tangible sur les richesses extraites de leur sol.
En clôture de la rencontre, Paul Affélé Dago a appelé la jeunesse de Guiguia et des cantons environnants à transformer cette mobilisation en engagement durable, au-delà du temps d’un meeting. Reste à savoir si cet élan, porté par l’énergie d’un jour de fête, saura s’inscrire dans la durée pour peser sur le repositionnement attendu du FPI dans le Goh.
SERCOM FPI